Carnet de Zénon - Réflexions
De paradoxes en apophtegmes
   

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Mardi 21 novembre 2006
Moi qui ne voulais pas de publicité...

    Moi qui ne voulais pas de publicité sur mon carnet, me voilà bien servi ! Beau paradoxe ! Personne ne m'a averti, prévenu, écrit , ou quoi que ce soit que monblogue.com changerait sa façon de faire. Tout le monde a les mêmes services, mais tout le monde doit supporter le bandeau publicitaire là en haut. Bon, tant pis, je reste ici encore un bon bout de temps, mais j'utilise de plus en plus l'Annexe ; J'y publie surtout des images accompagnées d'un texte minimaliste. Images artistiques, esthétiques, anciennes et contemporaines, inusitées, fascinantes, bref, des images qui me plaisent

     Ici, il y aura des changements : " nettoyer " la liste des liens,où il y a du bois mort , et probablement changer de gabarit. Et puis autre chose, une surprise, avant ou pour Noël !



Par zénon • 2006-11-21 16:12:06
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Mardi 14 mars 2006
Les gagnants ( roman de Julio Cortazar)

            Durant ces jours de congé, lecture d'un roman de Julio Cortazar, Les Gagnants ( Folio 1354, paru en français en 1961, 531 p.) :

     " La loterie du Tourisme, organisée par la ville de Buenos Aires, a fait une vingtaine de gagnants. Il s'agit d'une croisière et tous ces voyageurs improvisés, réunis par le sort et appartenant aux classes sociales les plus diverses, s'embarquent sur un navire dont ils ne savent ni la provenance ni la destination. Ce ne sont pas les seules inconnues de ce voyage qui s'annonce mal dès le départ. Une maladie mystérieuse s'est déclarée à bord, et voilà les passagers convertis en détectives. L'un deux, Pedro le Mage, déchiffre cette ronde où s'aventurent la poétesse Paula Lavalle, intelligente et cynique, le raffiné Raoul Costa, le professeur Lopez, l'adolescent Felipe, Claudia la résignée et Medran, l'insatisfait... "

     Roman un peu verbeux, irritant parfois, que j'ai pourtant lu jusqu'à la fin. Comment et pourquoi une oeuvre a-t-elle cet effet agaçant et irritant? Trop riche peut-être, ou bien elle force la réflexion. Il y a un peu de Kafka et de Buzatti chez Cortazar. Le sentiment d'enfermement du Désert des Tartares pour l'un et l'absurdité du Procès pour l'autre.

Les Gagnants (Los Premios, Buenos Aires, 1960), réunis par le hasard à bord du Malcolm, se groupent ou s'affrontent dans l'espace clos du bateau, où l'insolite fait son apparition dès le début. Mais cette croisière se double d'un voyage intérieur de chaque passager vers la confrontation avec lui-même dans la recherche de sa propre réalisation. À l'intérêt psychologique et sociologique s'ajoute une dimension métaphysique grâce aux soliloques de Persio, qui donnent de la réalité courante une vision plus structurelle et poétique.

par Jacqueline Outin et Jean-Pierre Ressot

Source


Par zénon • 2006-03-14 19:00:06
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Lundi 13 mars 2006
Feux de foyer

             C'est bien vite passé une semaine de chalet... Des arbres, de la neige, des oiseaux, de la raquette, de la pluie, du soleil, un ruisseau tout près, de la bonne bouffe, de la visite d'amis, de la musique. Pas de télé, pas de téléphone, pas d'Internet, pas de journaux ; oui, on vit, et très bien, sans. Des feux de foyer, ça oui ! Dès le lever, puis en préparant le repas du soir. Feu qui brûlera jusqu'au coucher.

               D'abord du papier, puis du petit bois, puis une petite bûche ou deux et enfin la grosse bûche. C'est toujours la même façon de faire, mais chaque feu est pourtant différent. Couleurs, odeurs, craquements, pétillements, ronflements sont toujours là, mais jamais identiques. Les jeux de la flamme ne se répètent jamais. J'écris des banalités ? Il se peut ou c'est que je n'ai pas perdu ma faculté d'émerveillement, moi.


Par zénon • 2006-03-13 15:28:47
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Vendredi 17 février 2006
La paresse impossible

    " La paresse, la lenteur, les loisirs... sont plus que jamais à la mode. En ce début de XXIe siècle, nous n'en finissons plus de louer le temps libre, d'aspirer à un temps pour soi, enfin « libéré » du travail par les prouesses de la technique. Pendant que la fabrication des biens de consommation se délocalise à grands pas bien au-delà de l'horizon, dans des « pays-ateliers » voués aux labeurs ingrats, nous redoublons d'imagination pour combler ce temps laissé vacant après des siècles de culte rendus à la sueur et à l'effort. En 1999, une chaîne de télévision française revisitait le Ier Mai en « fête de la paresse », renouant ainsi avec les origines socialistes et anarcho-syndicalistes des premières fêtes des travailleurs. Les ouvrages dénigrant les valeurs productivistes sont innombrables et forment un courant aussi bien économique que social et littéraire. D'aboulique, la paresse est devenue sympathique, publicitaire et militante comme si ne rien faire - ou presque - pouvait désormais devenir une fin en soi. Quel que soit le produit que vous avez à vendre, voyages, automobiles, services bancaires... un seul mot d'ordre : « On s'occupe de tout, n'y pensez plus, profitez-en... »

Saint-Jacques, Camille. Notre paresse (vice et vertu), Éditions Autrement, Paris 2005, 173 p.     ISBN 2-7467-0696-2 


Par zénon • 2006-02-17 14:31:35
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Mercredi 23 novembre 2005
L'homme descend du songe

     " Il y a des songes fatals, des rêves splendides. D'autres, hermétiques, appellent les découvreurs d'énigmes. Originaux sont les songes qui nous donnent accès à une créativité qui nous dépossède d'elle-même, car elle nous vient sur le mode du don. Avant de les collectionner, les déchiffrer, les interpréter ou les diriger, avant de les enregistrer, les scannériser ou les psychanalyser, accueillons nos rêves tout simplement tels qu'ils sont. Non pas comme une voie donnant accès à un inconscient comme hypothèse, mais comme un monde en soi dont l'essence n'est pas poétique mais << poïétique >>. C'est-à-dire que le rêve répond à lui seul à la question : pourquoi faire? Il est une modalité du faire. Il fait mémoire et surtout oubli. Il fait lumière ou obscurité. Il fait des sensations et des formes, diverses formes qu'il simule et assemble de façon spécifique. Et pour celui qui se réveille avec un rêve, ce dernier fait naître en lui le désir de le raconter, de trouver un auditeur matinal qui écoute les merveilles ou les terreurs qu'il a vécues. "

    L'homme descend du songe, Pierre Lembeye, Buchet-Chastel, Paris 2005, 166p. ISBN 2-283-02046-8              Extrait : p.23-24

 


Par zénon • 2005-11-23 17:20:30
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Jeudi 03 novembre 2005
Lucidité

" Ce qu'on doit constater actuellement, et cela dépasse de loin la simple constatation ou la seule actualité, c'est l'atroce famine qui frappe des peuples entiers, l'indigence criarde un peu partout, la violence sans paroles sur laquelle on bavarde beaucoup, la criminalité aveugle, les massacres, les exterminations, les maladies et les épidémies, somatiques et psychiques - pour parler en termes de cette intenable distinction, si difficile à surmonter -, les corruptions, les énormes écarts entre les pauvres et les riches, les participants et les non-participants à ce que peut offrir l'époque. Des combats sont et seront nécessaires. Sur tous les fronts. Comment parvenir pourtant à secouer fortement ce que nous ne pouvons nous empêcher de vivre, presque à l'aise, dans le malaise universalisé? "

Kostas Axelos,  Ce questionnement, Éditions de Minuit, Paris 2001, 124p.          Extrait : p.41     ISBN 2-7073-1768-3


Par zénon • 2005-11-03 18:53:46
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Vendredi 28 octobre 2005
Patrick McGoohan, le signe des Poissons et l'emprisonnement

 Voici ce que la tradition astrologique transmet sur les notions d'emprisonnement et d'épreuves :

       " Ce Poisson peut aussi être captif de quelque filet ou demeurer dans l'asile de sa petite île. Prisonnier d'un petit espace, il risque d'échouer sur les rives d'un monde de l'épreuve qui est celui d'une prison, d'une captivité ou d'un exil intérieur, sinon extérieur. "

André Barbault, Traité pratique d'astrologie, Éditions du Seuil, Paris 1961, p.112

        Prison : " Son significateur général est Saturne et la maison XII ainsi que le douzième signe, celui des Poissons."

Hadès, Nouveau dictionnaire astrologique

        Selon Rex Bills (The rulership book),  prison, prisonniers,gardiens de prison correspondent au douzième signe et à la douzième maison.

        Patrick McGoohan, né le 19 mars 1928 ( 04h 31m à Long Island, New-York) est donc membre de la grande famille astrologique des Poissons. Dans sa carte de naissance, les planètes Mercure et Vénus sont au début du signe, alors que le Soleil se trouve à la fin. De plus, la maison XII en Capricorne contient Mars, Neptune tient une position dominante en VIIe maison et Saturne occupe la maison X.

        Il semble donc, qu'en créant Le Prisonnier, McGoohan a sublimé son destin, tout en utilisant les dispositions symbolisées par sa carte du ciel. Il incarna aussi le directeur de la prison dans le film L'Évadé d'Alcatraz et avec Peter Falk (Columbo), quatre rôles d'assassin. Fortement marqué par le catholicisme romain (autre donnée Poissons), il a préféré le métier de comédien.

        La carte astrologique de McGoohan peut être vue ici : Astrothème.


Par zénon • 2005-10-28 14:06:41
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Mercredi 12 octobre 2005
Désastres culturels : Musique et Tradition

    " Les compositeurs occidentaux qui se sont intéressés aux traditions musicales d'Europe, d'Afrique ou d'Orient ont joué, surtout les plus grands, un rôle désastreux envers ces traditions dont ils prétendaient en quelque sorte prendre la relève, alors qu'ils n'empruntaient que des tics extérieurs et ignoraient tout des valeurs fondamentales de langages musicaux autres que le polyphonisme occidental.

    Par ailleurs, dans le même esprit dont on a empaillé quelques cathédrales pour en faire des objets de musée, les ethnologues enregistrent quelque vieille grand-mère et espèrent sa mort pour posséder dans leurs instituts un document unique d'une civilisation perdue. Leur recherche restait basée sur la conviction que la musique polyphonico-harmonique représentait un progrès absolu par rapport à toutes les théories antérieures, dont l'intérêt était donc strictement archéologique et historique. "

    Alain Daniélou, Origines et pouvoirs de la musique, Les cahiers du mleccha, Éditions Kailash 2003, 250p. ISBN 2-84268-090-1


Par zénon • 2005-10-12 18:33:31
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Jeudi 06 octobre 2005
L'Intenable absurdité du racisme

    " Si nous observons le monde, l'oeuvre du créateur, la chose peut-être la plus surprenante est l'infinie variété, la perfection et la beauté des différentes formes de vie, des insectes, des animaux, des plantes et des hommes et l'équilibre qui permet leur coexistence et leur mutuelle dépendance.

    Un animal ne tue jamais d'autres êtres vivants que ceux qui constituent sa nourriture ou parfois, dans sa propre espèce, ceux qui empiètent sur son territoire, son espace vital. Dans l'espèce humaine, comme dans les autres espèces, il existe un grand nombre de variétés, de races, de couleurs, d'aptitudes, de moeurs, mais aussi de cultures, de langages, de croyances, de religions. La notion fondamentale de liberté implique le respect de ces différences. Aucune espèce n'est en soi meilleure ou supérieure à une autre. En quoi les éléphants sont-ils supérieurs aux fourmis ? Mais, en tant qu'individu, ils ne sauraient être confrontés. C'est là que certaines idées simplistes sur l'égalité des hommes sont absurdes et néfastes, permettant au plus robuste, au plus malin ou au plus fanatique d'écraser ou de déposséder le plus faible ou le plus modéré. Toutes les théories sociales qui prétendent ne pas tenir compte des différences entre les races et les groupes humains dans la définition de leurs droits, aboutissent à l'écrasement des plus faibles, au génocide, à l'impérialisme. Ceci a lieu sur beaucoup de plans car la puissance agressive n'est pas seulement basée sur la force physique. Elle peut être technique, linguistique, religieuse aussi bien que raciale. "  

    Alain Daniélou, La Civilisation des différences (Les cahiers du Mleccha) Éditions Kailash 2003, 180 p. Extrait : p.44-45.      ISBN 2-84268-097-9


Par zénon • 2005-10-06 18:58:53
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Vendredi 16 septembre 2005
L'amitié en question (2)

    " Le but de la communauté humaine en sa totalité, si tant est que ce but existe, n'est pas l'amour universel, de tous pour tous, amour quasi chrétien. Le monde rythmé par le temps n'est pas le lieu de la félicité généralisée. L'amitié ou l'amicalité dont nous parlons n'est pas un succédané de cet amour. Plus forte que l'amour, autre que l'amour, elle se sait traversée par la négativité. Elle reste aussi différente de l'éros que de la camaraderie qui fut pendant un certain temps appelée socialiste. Les liens entre l'amitié et l'amour sont et restent fort complexes et se situent sur différents plans. L'amitié serait-elle le terme générique englobant l'amour? Il est si difficile de parler de l'amour, dans toutes ses variétés, d'user du verbe aimer. Pleins de plurivocité et d'équivoque, les mots et les noms de l'amour et du désamour relèvent, par-delà la psychologie, de la psyché et, plus fortement encore du monde. L'amitié n'est pas quelque chose de tiède ni de psychologiquement passionnel. Sujette à l'insatisfaction et portée vers l'action, ouverte à la souffrance et tendant vers un certain surmontement du malheur accepté et transmué, elle n'est pas seulement de l'étoffe dont sont faits les rêves. "

Axelos, Kostas, Lettres à un jeune penseur


Par zénon • 2005-09-16 07:08:24
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